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Toutes les bonnes choses ont une fin

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Je quitte Gokarna en bus de nuit pour rejoindre Tulip à Mumbai. Le trajet est un peu long. J’ai pris, pour essayer, un bus avec des sièges semi couchés, alors que j’ai l’habitude de prendre des bus avec couchettes. Je suis un peu serré, surtout lorsque la personne devant moi abaisse son siège. Tulip part au même moment de Bangalore et nous arrivons à peu prés en même temps. Elle ne vit pas exactement à Mumbai, mais à Pavlova city, à une quarantaine de kilomètre du sud de Mumbai. A chaque fois qu’on s’y rend, on prend plusieurs tuk-tuk partagés pour se rendre à la gare, puis le train. Nous en avons environ pour une heure et demie. On y va à plusieurs reprises. Pour visiter les portes de l’Inde, ces grandes constructions qui permettaient aux navigateurs de voir de loin, le port de Mumbai. On marche le long de la « back bay » couvert de couleurs après avoir fêter Holi.

Holi, une fête haute en couleurs

Je goûte pour la première fois les pani puri, un plat que l’on trouve en street food. C’est ultra bon, je me demande comment j’ai fait pour passer à coté jusqu’à là. On passe voir un de ses meilleurs amis, on va au cinéma voir un film de Bollywood (chose que je voulais faire depuis un moment, mais je n’en trouvais jamais avec sous titres anglais) et une semaine est déjà passée. Ses parents viennent la voir pour quelques jours, c’est le moment pour moi de continuer ma route.

Pani puri
Le panipuri est une collation consommée dans plusieurs régions du sous-continent indien. Ce mets fait partie des chaat, les collations salées frites servies sur les bords de routes. Elle est constituée d’un puri ovale, creux et frit que l’on mange avec de l’« eau assaisonnée » (pani), du chutney de tamarin, du piment, du chaat masala, des pommes de terre, des oignons et des pois chiches. Il est originaire de Bombay et populaire dans tout l’état du Maharashtra.
Wikipedia
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Changement de région. Je rejoins Udaipur, encore plus au nord, en train avec le plus long trajet que j’ai fait à ce jour. Dix-sept heures. A l’auberge de jeunesse, je rencontre Ganesh, un Portorico-Indien et Shubham, un indien originaire du nord-est. Deux françaises, Léa et Charlotte, arrivent le lendemain pour retrouver Shubham avec qui elles ont voyagées plus tôt. On sympathise et le courant passe plutôt bien. Nous louons des scooters pour aller se promener dans le coin et notamment au lac Badi, paumé dans la campagne. On fait quelques autres visites comme le palace ou le temple « Shri Manshapurna Karni Mata » pour aller admirer la ville de haut pendant le coucher de soleil. J’avais prévu de rester deux jours, j’y reste finalement deux de plus. On commence à parler un peu plus du coronavirus. Plusieurs indiens commencent à porter des masques, mais surtout, on se sent un peu moins les bienvenus.

Un bus de touriste Italien à ramené le virus dans la région il y a deux semaines. Tous les blancs sont donc catalogués comme porteur du virus. Il m’arrive plusieurs fois, lorsque je me balade dans la rue, d’entendre des passants dire « corona » au moment de me croiser. Moi, qui jusque là, préférait être en Inde qu’en Europe et me refusait à rentrer, je commence à me poser sérieusement la question. Après avoir écouté le discours de Macron (sur le confinement en France) et avoir eu quelques news d’autres voyageurs en Inde su sud où les règles se durcissent, je sens qu’ici aussi, nous allons avoir le droit au confinement. Même si tous les Indiens me disent que c’est impossible de confiner 1,3 milliard de personnes et que ce n’est pas dans leur culture, j’ai l’intuition que ça va être compliqué de continuer à voyager.

Mes acolytes à Udaipur

Je fini par prendre la décision de rentrer. J’achète un billet pour le 22 mars au soir (nous sommes le 17 à ce moment-là) au départ de Delhi. Cela me laisse quelques jours de plus pour profiter d’Udaipur puis de Jaipur où je fais un stop. Je n’y reste qu’une nuit, car entre temps, le gouvernement Indien a annoncé la fermeture des vols internationaux à partir du 22. Dans la foulée, mon vol a été annulé. J’avais réservé une belle chambre à Delhi pour mes deux dernières nuits mais dès la descente du bus je décide d’aller à l’aéroport. On ne peut pas rentrer dans l’aéroport sans billet. J’ai donc accès seulement à une salle où il y a quelques agences. Les tarifs sont prohibitifs. Les vols les moins chers que l’on m’annonce pour paris sont à 3000 €.

Dal bati choorma

Suite aux conseils de Virginie, qui se trouvait au même endroit quelques jours plus tôt, j’utilise le wifi pour essayer de trouver un billet sur internet. Je commence par le site Air France, où je vois un billet disponible pour 580 €. Ni une, ni deux, je m’installe par terre avec mes sacs pour tenter de l’acheter. Première essai, le plafond de ma carte est trop bas. Je le modifie depuis l’application et retente ma chance en espérant que le site n’est pas vendu ma place entre-temps. J’ai en effet du m’y reprendre la plusieurs fois, quelques jours auparavant, lorsque j’ai acheté mon précédent billet.

Ce coup-ci, pas de problème. Le billet est confirmé. J’ai du mal à y croire. Je vérifie plusieurs fois mais il semble bien que ce soit bon. C’est presque trop facile. J’explique à d’autres français à côté de moi que je viens d’acheter mon billet sur le site Air France. Ils sont un peu dégoûtés car ils sont là depuis 6h du matin, ils rafraîchissent les différents sites sans arrêt et n’ont rien trouvé. Je n’ai plus qu’à attendre car il est environ 18h et mon vol est à 3h20 du matin.

Vers 22h, je reçois un sms m’informant que mon vol est décalé au 23, soit dans 2 jours. En me dirigeant vers le guichet, je revois Manon, que j’avais croisé de l’autre côté. Elle a finalement eu un billet. Elle a aussi reçu le SMS. On a du mal à obtenir des informations claires. Au bout de plusieurs heures, on a la confirmation que le vol n’aura pas lieu. On nous emmène en bus dans un hôtel 5 étoiles pas loin de l’aéroport. On y arrive à 3h du matin. Je partage ma chambre avec elle.

Le lendemain, nous n’avons pas beaucoup plus d’explications. Ils nous disent qu’ils vont nous déposer à l’aéroport dans la soirée et qu’ils nous aideront pour essayer d’avoir un des deux derniers vols Air France avant la fermeture des vols internationaux.

Dans l’après-midi, Manon reçoit par email, un billet pour le vol direct de 1h05 du matin. Angelina et Fanny, deux françaises que Manon a rencontré la veille à l’aéroport (qui au passage avait déjà franchi la douane lorsqu’on a appris que le vol a été annulé et qui ont galérés à pouvoir re-rentrer sur le territoire Indien) n’ont pas reçu de billets. Moi non plus.

En arrivant à l’aéroport Manon va au guichet Air France avec une photo de nos passeports puisqu’on ne peut toujours pas rentrer sans billet. Quelques minutes plus tard, nous recevons nos précieux sésames par email pour le vol par Amsterdam à 3h20. On commence à faire la queue pour l’enregistrement puis on se dit qu’il est peut-être trop tôt (il n’est même pas 20h). On quitte la queue pour aller manger quelque chose.

Quand on revient, la file d’attente est immense, elle fait des zigzags partout, on n’en voit pas le bout. On réalise qu’on a peut-être fait une boulette. En effet, le fait d’avoir un billet ne nous garantit pas une place. Il y a forcément du surbooking. Une autre option est le vol Qatar Airways proposé par l’Ambassade de France. Pour cela, nous devons aller devant la porte une à minuit. Le billet coûte 450 €. On ne sait pas combien il y aura de place. On décide de voir comment avance notre file d’attente et d’aller sur l’option Qatar vers 23h50 si nous ne sommes toujours pas enregistrés. Ça n’avance malheureusement pas bien vite. D’autant qu’ils font passés les gens pour le vol de 1h du matin en premier.

Vers 23h30, on essaie de faire le check-in en ligne pour « bloquer » notre siège mais ça ne fonctionne pas. L’une des filles a alors l’idée d’aller au guichet et leur demander de faire le check-in à notre place. Ils mettent un peu de temps mais finissent par le faire et nous expliquent qu’on peut maintenant aller directement à la file “bagages drop” (réservé à ceux qui ont déjà fait leur check-in). Il n’y a que quelques personnes ici. J’y vais en premier pendant que les filles gardent notre place dans la file, au cas où. Le moment est stressant. J’ai le cœur qui palpite. Et … ça fonctionne ! je dépose mon sac et j’ai maintenant ma carte d’embarquement. Les filles me voient leur faire de grand signe. Elles courent jusqu’à moi puis le font à leur tour. On est soulagé. On passe la douane puis prenons notre vol pour la France.

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