Namaste – Treks dans les montagnes du Népal

Namaste – Treks dans les montagnes du Népal

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Namaste – Treks dans les montagnes du Népal

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Mon avion atterrit à l’aéroport de Katmandou dans le courant de la matinée du 8 mai. Une française qui est devant moi rencontre quelques problèmes pour payer son visa. Sans jeu de mots, ils n’acceptent que les cartes VISA, pas les MasterCard. Je lui avance son Visa et comme les ATM de l’aéroport ont le même problème, je lui avance également 10.000 roupies Népalaise (environ 80€) qu’elle me rendra par virement. Une fois ce souci résolu, je trouve deux autres voyageurs à l’aéroport pour partager un taxi jusqu’à Thamel, le quartier touristique de Katmandou.

Avant d’arriver au Népal, j’avais répondu sur un groupe Facebook de voyage, à une Belge, Mathy, qui voulait faire un trek d’environ une semaine. Je la retrouve donc au Nipali Hive, la guest house où elle loge. Une Française, Emma, a aussi répondu et on programme notre départ qui aura lieu dès le lendemain! Pendant l’après midi, on essaie d’acheter notre permis pour le trek ainsi que le TIMS, deux documents obligatoires. Comme c’est fermé, on décide d’y aller quand même sans les papiers et de voir ce qui se passera. Complètement crevé par l’escale de nuit de 8h que j’ai faite à Delhi où je n’ai pas réussi à dormir, nous allons quand même acheter quelques vêtements (un bonnet et une polaire pour moi) pour le trek. Je fais le tri dans ce que j’emmène et ce que je laisse à l’auberge et je me couche pour une courte nuit.

Langtang

On se réveille vers 5h30 le lendemain matin pour rejoindre notre bus. Un des pires trajets de toute ma vie. On met 10 bonnes heures pour parcourir la très longue distance de 120km. Il n’y pratiquement pas de route goudronné. Ca bouge dans tous les sens. Encore plus pour moi qui me suis installé tout à l’arrière pour avoir un peu de place pour mes jambes. A un check post, le bus s’arrête. Des militaires fouilles nos sacs et nous demandent d’acheter le permis (mais rien en ce qui concerne le TIMS). On arrive enfin vers 17h à Syabru Bensi. On compare quelques lodges puis on finit par choisir celle d’une petite famille qui n’a qu’une chambre. On va s’acheter des bières, quelques paquets de chips et on fait péter l’apéro sur le roof top. On l’a mérité!

Le lendemain, dès le début du trek, on rencontre deux israéliennes, une mère et sa fille ainsi que leur porteur. On entame la discussion et on sympathise. On passera les cinq prochains jours ensemble. Deux heures de marche plus tard, on passe devant la « Bob Marley Guest House » et des énormes champs de weeds… La matinée est plutôt facile, ça monte doucement. C’est un peu plus compliqué l’après midi et on s’arrête finalement à une guest house 20 min avant celle prévue. Le soir, la température baisse pas mal et on se retrouve à une dizaine de trekkeurs dans la « salle à manger » autour du poêle avec nos vêtements qui sèchent un peu partout. Bonne ambiance. Après quelques parties de cartes, on va se coucher.

Lors de la seconde journée, on passe devant Langtang. C’est un nouveau village car l’ancien s’est fait ensevelir avec plus de 400 personnes lors du tremblement de terre de 2015. Plus on monte, plus j’ai du mal à respirer. J’ai un bon gros mal de tête la seconde de nuit et prend des cachets contre le mal des montagnes au petit matin.
On arrive dans le courant de la troisième journée à Kyanjing Gompa, notre dernière étape. C’est ici qu’on dormira ce soir. L’après midi, on fait l’ascension du Kianjang Ri à 4400m. Il y a beaucoup de vent, mais on y arrive !

On prend deux jours pour redescendre jusqu’à Syabru Bensi. On est bien content de retrouver la même chambre qu’on avait prise à l’aller. Pour fêter la fin du trek, on se refait un apéro sur le roof top.

Le jour suivant, on reprend le bus jusqu’à Katmandou. A quelques dizaines de minutes de l’arrivée, un bus qui tente de monter est bloqué à cause de la boue. Ca nous fait perdre deux heures. Une fois arrivé à l’auberge, on se fait plaisir en allant au restaurant OR2K, un peu cher, mais tellement bon. Plateau de falafels, veg burger, etc…

Pokhara

Emma part à Pokhara, deuxième plus grosse ville du Népal, dès le lendemain. Avec Mathy, on prend notre temps et on va se faire masser. Un bonheur. Suite à une erreur lors de mon arrivée à l’aéroport, mon visa n’était que de 15 jours, je vais le faire étendre de 25 jours à l’immigration. On rejoint Emma sur Pokhara que le jour d’après avec un bus de nuit. Comme d’habitude, je n’ai pas de place pour les jambes, et le temps est long. Au moins, la route entre Katmandou et Pokhara n’est pas trop mal.

Pokhara est un endroit pour chiller. La partie touristique se trouve le long d’un lac et c’est quand même pas mal de se poser dans un bar avec vue sur le lac. On y reste environ une semaine sans rien faire de spécial. Sauf une journée où nous louons deux scooters et partons se balader dans des endroits un peu reculés. Pas de chance, on se fait contrôler par la police et je n’ai toujours pas compris si la location de scooters pour les étrangers était interdite ou si on s’est foutu de notre gueule mais on se prend une amende.

Emma part tout à l’est du Népal, tandis que je trouve une ferme permaculture pas loin de Pokhara où j’y vais comme volontaire. Mathy rentre chez elle en Belgique, après plus d’un an et demie de voyage.

Pandeli Permaculture Farm

La ferme est tenue par Varat et Arjun, deux népalais. C’est le premier qui vient me chercher en moto près de mon lodge. On est trois sur la moto car il y aussi son fils. La ferme se trouve dans les hauteurs de Pokhara et plus l’on monte plus la vue est magnifique. Elena, une Belge, est volontaire depuis plus de deux semaines. C’est d’ailleurs suite à un de ses posts sur un groupe facebook que j’ai découvert l’endroit. La ferme a été commencé il y a un eu plus d’un an. Il y a donc encore pleins de choses à faire. Le confort est « à la népalaise » mais on s’y fait, et le calme fait du bien. Deux jours après mon arrivé, Elena part et je me retrouve le seul volontaire pour les huit jours restant.

Arjun a travaillé dans un restaurant au Qatar pendant plusieurs années et les repas qu’il nous prépare sont délicieux. D’autant plus que tout vient du jardin. C’est bon pour le moral de savoir que l’on mange des légumes de bonne qualité.
Pendant les dix jours où je reste, on s’occupe notamment de fabriquer une serre pour les tomates, une butte lasagne de permaculture, nettoyer les mauvaises herbes, préparer les rizières, planter de nouvelles graines et en récolter.

On est au début de la mousson et presque tous les jours, on a des grosses périodes de pluie. Dans ces moments, je me repose, je lis, je regarde des vidéos sur mon pc …

Annapurna

Après cette expérience très enrichissante, Varat me raccompagne à Pokhara. J’y reste deux nuits, le temps de laver mes affaires, de me reposer et de trouver une gourde filtrante pour mon prochain trek dans les Annapurna. Celui-ci sera plus court. Ca fait plusieurs personnes que je rencontre qui me parlent de Jomsom et Muktinath. Je prends ça comme un signe et je me m’y rends donc en bus. Encore une fois, le trajet est pénible. 12h de bus pour environ 150 kilomètres. Ca bouge dans tous les sens, et un des mecs du staff explose ma vitre à cause d’une secousse un peu forte. J’ai le plaisir de me prendre la poussière pendant les trois dernières heures.

En sortant du bus, je sympathise avec un couple d’israélien et nous partageons une chambre pour la nuit. Le lendemain, on commence le trek vers 7h30 mais on se trompe de chemin. On revient sur nos pas et commençons pour de bon un peu après 8h. On marche ensemble une heure puis nos chemins se séparent. J’ai vu un chemin sur ma carte qui s’éloigne de la route, et je décide de le prendre pour être plus tranquille. Le problème, c’est que je suis tout seul et toujours en train de me demander si je suis bien sur le bon chemin. Une heure après m’être embarqué sur mon chemin, je me trouve face à un éboulement. Sur environ une vingtaine de mètre, il n’y a plus de chemin. Je réfléchi quelques minutes mais je n’ai pas envie de faire demi-tour. Je passe donc avec mon gros sac en escaladant à moitié. Ce n’est pas très rassurant. Je suis soulagé une fois que je retrouve le chemin. Je continue ma route, et m’arrête au petit village de Lubra pour prendre un thé et recharger mes réserves d’eau. Je continue ma route et croise deux trekkeurs, les deux seuls de la journée. Ils me conseillent une auberge une fois arrivé à Muktinath et je les préviens de ne pas prendre le chemin par lequel je suis arrivé.

La suite est longue et dure. Ca commence enfin à monter sérieusement. La température monte. Il est presque midi. Mes jambes commencent à être lourdes. Mais je n’ai aucun endroit où me reposer, pas un seul petit coin d’ombre. Alors, plutôt que de cramer au soleil, je continue d’avancer. Surtout que j’ai eu la bonne idée de ne pas emporter de casquette et d’exploser mon tube de crème solaire pendant le trajet en bus. Je scrute au loin, mais non, toujours pas d’endroit pour me reposer.

Je commence à prendre des coups de soleil sur les bras. J’ai bien mon pull dans mon sac, mais vu la chaleur, impossible que je l’enfile. Comme j’ai un pantalon qui fait aussi short, je détache les parties du bas pour les mettre sur mes bras. J’ai aucun style mais au moins, ça me protège. Je mets aussi un t-shirt sur la tête. Autant aller jusqu’au bout. Après un long moment, j’aperçois un petit buisson sous lequel je me faufile pour essayer d’être à l’ombre. J’y reste trente minutes. A peine reparti, je tombe sur un tuyau avec de l’eau qui sort de je ne sais où. Je n’étais pas au bout de mes réserves mais je me rationnais pas mal donc ça fait du bien de pouvoir boire un litre d’eau et de recharger mes bouteilles.

Je continue à marcher, toujours sans ombres pendant trois heures avant d’arriver à ma destination, complètement lessivé. Je mange et vais me coucher. J’ai attrapé plusieurs coups de soleil et une petite insolation. Je reste trois nuits à Muktinath, soit deux journées pleines. Au programme, je fais quelques méditations sur les hauteurs, je lis et je profite du calme.

Lorsque je redescends, je décide de passer par un autre chemin et de le faire en deux étapes. Sur le chemin, je croise Céline, une Belge (décidément …). Le courant passe bien et on discute une bonne heure avant que nos chemins se séparent. Vers 10h du matin, soit après deux heures de marche, j’arrive à Kagbeni, le village où je souhaite faire une étape. Je fais le tour du village rapidement et décide finalement de pousser un peu plus loin. A midi, j’arrive à Jomsom, le village d’où j’ai commencé le trek quelques jours plus tôt. C’est quand même plus rapide en descente et en plus, par ce chemin. Comme il est encore tôt et que je sais que Céline a prévu d’aller à Marfa, à 6 km de là, je décide d’y aller aussi. Je la retrouve sur le chemin et nous finissons ensemble. J’arrive crevé. J’ai fait 26 kilomètres dans la journée. On prend une chambre, on se douche, on mange et on s’endort.

Le lendemain, on a prévu une toute petite étape. Environ 6 kilomètres pour aller jusqu’à Tukuche. Le jour suivant, on prend le bus pendant environs quatre heures jusqu’à Tatopenni, où l’on profite des sources d’eau chaudes une bonne partie de l’après midi. Puis on finit par rentrer sur Pokhara après un trajet en bus de six heures. J’y passe deux nuits puis retourne sur Katmandou (encore un trajet en bus de sept heures). Je reste ici aussi deux nuits, dans la même auberge qu’à l’arrivée, puis je prends mon avion pour l’Inde.

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Commentaire(2)

  1. Je ne peux pas m’empêcher d’imaginer 10 randonneurs autour d’un poil et de rire… Est-tu sûr que vous n’étiez pas autour d’un poêle plutôt ? 😁😉

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